Comment faire découvrir le quotidien d’un chercheur à des collégiens sans les endormir avec un diaporama ? C’est le défi que nous avons relevé avec Emmanuel Dumons et Guylaine Poulin-Vittrant, deux chercheurs du laboratoire GREMAN, en proposant un format d’intervention complètement repensé. Notre recette ? Des ateliers rotatifs de 15 minutes, coconstruits par les chercheurs, Cindy Mathieu (en service civique sur la médiation) et moi-même, Amélie Audebert, chargée de médiation scientifique. L’objectif : rendre l’échange le plus interactif et vivant possible.
Atelier 1 : La fabrique de la recherche
Le premier atelier, intitulé « La Fabrique de la Recherche » (conçu avec l’équipe SAPS de l’université de Tours), présente les étapes clés du métier de chercheur. De l’émergence de l’idée du sujet jusqu’à la validation par les pairs en passant par la méthode scientifique, le recueil de résultats et leurs interprétations. Pour que cela ne reste pas théorique, les chercheurs se sont approprié l’outil en y ajoutant une « boîte projet » liée à leurs propres travaux. Les élèves manipulent, classent et visualisent concrètement les étapes d’une vraie recherche.

Atelier 2 : Expérimenter l’effet piézoélectrique
Le second atelier était dédié à l’expérimentation. Emmanuel et Guylaine travaillant sur les matériaux piézoélectriques, nous voulions illustrer l’effet piézoélectrique de manière tangible via deux approches :
- L’effet direct : Les élèves découvrent qu’une pression sur un matériau piézoélectrique crée de l’électricité. Pour cela, il suffit de connecter des pastilles piézoélectriques à un oscilloscope et de leur demander de taper légèrement sur le matériau ; ou encore, de présenter des dalles piézoélectriques qui allument des LED sous la pression (merci à Quê Lan, Chargée d’animation scientifique au CERTeM, de nous les avoir prêtées).
L’effet inverse : C’est le clou du spectacle. En appliquant du courant, on fait vibrer le matériau jusqu’à créer des ultrasons. Pour illustrer cet effet, nous utilisons une expérience imparable : la lévitation ultrasonore. Les collégiens doivent faire léviter des billes grâce aux ultrasons générés. Le visage des élèves lorsque la première bille flotte « par magie » (mais non, c’est de la science !) est toujours une récompense. Quand on y ajoute le défi de faire tenir le maximum de billes possible, l’atelier fait un carton. Au-delà du spectacle, cet atelier offre aux scientifiques un support idéal pour développer leurs explications théoriques.


Atelier 3 : Parcours et inspirations
Le dernier temps était plus libre. Emmanuel a partagé son parcours personnel via une présentation et un temps d’échange direct avec les élèves. Quant à Guylaine, son intervention s’inscrivait dans un groupe de travail dédié aux collégiennes pour leur présenter les carrières scientifiques et encourager leur orientation vers les sciences. Elle a choisi de mettre en lumière les femmes scientifiques. Pour animer cet échange, Cindy et moi-même avions créé des cartes quiz : un support ludique pour redonner leur place aux grandes figures féminines de l’histoire des sciences.

Le retour est très positif : les élèves étaient impliqués et curieux. Ce format « tournant » nous a permis de voir ce qui engageait le plus les collégiens et nous a dégagé des pistes d’amélioration pour nos prochains ateliers. Une réussite confirmée par l’enseignant, qui nous a déjà donné rendez-vous l’année prochaine pour renouveler l’expérience !




