Ces deux dernières semaines, l’INSA Centre Val de Loire a accueilli l’une après l’autre deux délégations béninoises pour poser les bases d’un premier cycle préparatoire aux études d’ingénieurs, dont l’ouverture est attendue dès septembre 2027. Après la signature en mars dernier d’un accord-cadre entre l’INSA Centre Val de Loire et le SCITI (Sèmè City Institute of Technology and Innovation), les contours du projet se précisent.
Les équipes pédagogiques des deux écoles se sont d’abord retrouvées sur les campus de Blois et de Bourges pour une visite des locaux et des équipements, ainsi que des échanges approfondis autour des programmes et des maquettes pédagogiques. La semaine suivante, une délégation institutionnelle a aussi parcouru les deux sites et abordé cette nouvelle formation au Bénin, inspirée du modèle INSA.
Un projet de convergence, porté par des enjeux communs
Pour Jérôme FORTINEAU, Directeur des formations et de la vie étudiante à l’INSA CVL, ce déplacement a été l’occasion de mesurer combien les deux établissements « travaillent déjà sur des éléments de convergence pour ouvrir la voie à une nouvelle approche et une nouvelle culture ».
À la suite de son séjour au Bénin, il témoigne de la qualité de l’accueil qu’il y a reçu. Il en retient un pays où règne un sentiment de sécurité et d’hospitalité — un point rassurant dans la perspective de l’envoi de futurs étudiants français.
Thierry D’ALMEIDA, Directeur général du SCITI, évoque un partenariat qui répond à un besoin au Bénin et, plus largement, en Afrique subsaharienne : « former des ingénieurs aptes à transformer nos économies ». Et ce, face à un constat clair : le Bénin manque d’ingénieurs et l’INSA CVL est une école de référence qui forme des profils de haut niveau.
Il souligne aussi l’intérêt mutuel de ce partenariat pour l’INSA, qui offrira des échanges à la fois pour les étudiants et les enseignants-chercheurs. Ces mobilités permettront de « développer des collaborations scientifiques sur des problématiques d’intérêt commun entre les enseignants », notamment grâce à l’accès à de nouveaux matériaux et une valeur partagée : le souci de former des ingénieurs citoyens capables d’œuvrer de manière plus rationnelle et durable.
Thierry D’ALMEIDA explique l’intérêt de cette démarche au Bénin, et pourquoi ensuite en Afrique, grâce à la position stratégique du pays. Cette région demeure méconnue mais dispose d’un potentiel démographique et donc une jeunesse plus nombreuse.
Un projet ambitieux pour former des ingénieurs innovants
Serge EKPODESSI, Directeur du programme des études SCITI, dépeint un projet ambitieux à la fois dans sa construction et sa mise en œuvre. Il rappelle son rôle essentiel de coordination, avec pour première étape la mise en conformité du programme existant de l’INSA CVL aux exigences académiques béninoises afin d’obtenir les accréditations nécessaires à l’ouverture de la formation.
Une fois l’offre de formation validée, le déploiement du programme débutera par la mise en place des infrastructures, le recrutement des premiers étudiants ainsi que du personnel pédagogique et administratif.

Pour Serge EKPODESSI, la nouvelle formation du SCITI formera « des ingénieurs entrepreneurs capables d’utiliser leur créativité pour produire des solutions nouvelles face aux problématiques béninoises et africaines ». Cela sera possible grâce à une approche pédagogique spécifique, fondée sur des projets concrets avec les entreprises partenaires de Sèmè City.
Une visite aux enjeux confirmés dans la construction d’un nouveau cycle préparatoire au Bénin
Responsable pédagogique à Sèmè City, Probus KIKI dresse un bilan très positif de son séjour, marqué avant tout par la qualité humaine des équipes rencontrées : « J’ai retrouvé une vraie synergie d’équipe et une réelle envie de partager », confie-t-il. Il évoque d’ailleurs son plaisir d’avoir croisé d’anciens étudiants qu’il avait connus au Bénin. Il a été particulièrement marqué par la diversité culturelle des promotions : une classe de 14 étudiants réunissant 5 nationalités, qu’il voit comme un véritable gage d’interculturalité. Sur les campus de Blois comme de Bourges, il a aussi apprécié l’équilibre entre patrimoine architectural et modernité des équipements intérieurs, saluant des infrastructures de qualité.
Thierry JOSSOU, responsable IA recherche, partage ce ressenti, tout en soulignant l’identité propre de chaque campus. Séduit par le niveau et l’entretien des laboratoires, il retient surtout la dimension collective du projet : « Ce qui me plaît dans ce partenariat, c’est qu’il implique toute la communauté, dans une logique de mutualisation. » Il apprécie par ailleurs la synergie du système inter-écoles français, qui permet de mettre en commun le financement de la recherche.
Djèmessi GLOGLO, ingénieur franco-béninois, conseiller et co-porteur avec l’INSA CVL de cette initiative, revient sur la qualité de l’accompagnement tout au long du séjour et sur l’implication des apprenants rencontrés : « Ce séjour nous a permis de donner une vision précise de ce vers quoi nous voulons converger. C’est une visite qu’on savait nécessaire, et elle nous l’a confirmé. » Il remercie l’ensemble des équipes de l’INSA CVL qui ont adhéré pleinement à ce projet.
Enfin, Thierry D’ALMEIDA est quant à lui ravi de l’accueil reçu qui a permis de « renforcer le lien humain et répondre aux questions techniques ». Il espère par ailleurs que leur venue marque le début d’une série de visites mutuelles afin de bâtir conjointement ce nouveau cycle alliant la vision INSA et les enjeux du SCITI.





