Formation et vie étudiante

Actions intergénarationnelles

L’INSA au quotidienPréparer le futur
Catarina Marcos

Les 12 et 13 février dernier, 2 actions Intergénérationnelles se sont déroulées au sein de l’Institut sur le campus de Blois.

Jeudi 12 février de 14h à 17h : un « Après-midi intergénérationnel » tout d’abord, coorganisé par le pôle solidarité des étudiants INSA et l’équipe des bénévoles de l’association Les Petits Frères des Pauvres de Blois (PFP)(1).

Au programme : activité brise-glace, un atelier cuisine crêpe et dégustation et des jeux de sociétés.

Vendredi 13 février dans la journée était prévu une « Activité pédagogique sur l’âgisme dans la société » (2).

Dans le cadre de son cours « Introduction au droit » de 2ème année STPI, Lucie Baudou a invité l’équipe Génération Liens des PFP.

Un des objectifs généraux de ce cours est de sensibiliser les étudiants à leurs droits et obligations en tant que citoyen et futur ingénieur, et de comprendre les notions de responsabilité civile et pénale à partir de différentes problématiques de société.

Pour cela, Marie-Lorraine GILBERT, Chargée de mission au sein de l’équipe régionale « Génération Liens » des PFP, a animé un atelier de sensibilisation aux conséquences de l’âgisme sur les personnes âgées (prise de conscience, encadrement juridique de cette discrimination, solutions à mettre en place).

Echanges, jeux, débats, mise en situation ont ponctués l’atelier pour permettre de faire réfléchir et de confronter les étudiants à leurs représentations de la personne âgée et d’agir contre les comportements âgistes.

Eva Barnetche, étudiante en 2A STPI, nous livre ses impressions sur l’atelier. Nous lui avons posé quelques questions :

Avant de participer à cette activité, connaissais-tu le terme « âgisme » ?

Avant cette intervention, je n’avais jamais entendu parlé du terme « âgisme ». J’avais conscience qu’il existait une fracture intergénérationnelle, surtout avec les séniors, mais je percevais ça comme des remarques et comportements maladroits plutôt que de discriminations à proprement parler.

Qu’as-tu appris de plus surprenant concernant le mécanisme de discrimination lié à l’âge lors de l’activité ?

Lors des différentes explications et activités, j’ai été attristée par le nombre des personnes âgées qui finissent leurs jours seuls. Les seniors représentent une grande part de la population en France pourtant il y a un réel manque de structures ou d’initiatives pour les inclure. J’ai été surprise de voir à quel point la société caractérise les personnes âgées par leurs incapacités plutôt que par ce qu’elles ont à nous apporter.

En quoi cette activité a modifié ta perception des droits des personnes âgées et de tes obligations en tant que citoyenne ou future ingénieure ?

L’intervention m’a fait prendre conscience que l’âgisme a une dimension systémique : tout le monde a des préjugés, ils sont ancrés dans nos habitudes de langage et nos comportements.

Ça m’a fait réaliser que les personnes âgées n’ont pas seulement des droits médicaux mais aussi des droits sociaux et ils ont besoin que leur dignité soit respectée.

Penses-tu que les connaissances acquises lors de cette activité auront un impact dans ta vie personnelle ou professionnelle future et si oui comment ?

Je suis convaincue que l’âgisme repose la plupart du temps sur des biais que les gens ont inconsciemment plutôt que sur une réelle volonté de nuire.

Par exemple, un axe qui a été développé lors de l’intervention est celui du recrutement en entreprise durant lequel on a tendance à privilégier des profils jeunes qui sont supposés plus vifs au détriment de l’expérience d’un senior. Je pense donc qu’en conscientisant, via des ateliers de sensibilisation comme ceux-là, le fait que ces préjugés sont ancrés socialement, on peut déconstruire ces automatismes pour encourager le mélange des générations.

En ce qui me concerne, cela va changer ma manière d’interagir avec des personnes d’un âge éloigné du mien, je vais maintenant chercher à agir davantage de manière adaptée pour avoir des échanges plus authentiques et équilibrés (de pas infantiliser ou sous-estimer etc..)

Par ailleurs, l’âgisme ne touche pas seulement les personnes âgées, les plus jeunes à qui l’on ne donne pas de légitimité sous prétexte de manque d’expérience en souffrent également.  Je trouve que c’est d’ailleurs très fréquent lors des premiers jobs, alors que chaque point de vue est bon à prendre.

Que penses-tu de ce type d’activité pédagogique proposé au sein de votre école ?

C’est un super moyen de nous confronter aux réalités de la société et de nous faire prendre conscience de différents problèmes. Je pense que ce sont des interventions extérieures et ludiques comme celle-ci qui permettent d’encourager de vrais changements puisqu’elles détonnent des cours théoriques que nous avons et les activités et témoignages rendent la chose percutante.

  • Petits Frères des Pauvres, association laïque, reconnue d’utilité publique qui lutte contre l’isolement des personnes âgées -film de l’association
  • Âgisme : attitude de discrimination ou de ségrégation à l’encontre des personnes âgées (définition du Larousse)

Pour aller plus loin, formation gratuite sur l’âgisme  en ligne proposée par l’association : https://www.petitsfreresdespauvres.fr/sinformer/actualites/se-former-pour-agir-accompagner-les-personnes-agees-isolees/

Sur le même thème

#agisme#discrimination#intergenarationnel

Partager

CyberCampus renforce sa présence à l’INSA CVL
Conférence d’un chercheur international sur l’utilisation de l’IA appliquée à l’imagerie médicale

Catégories

Rechercher

Mise en avant